Je vous présente Marilyn

Marilyn
Fontaine de son nom.
Et elle insiste, ce n’est pas un nom de scène.
Pourtant c’est vrai que ça sonne tellement bien qu’on pourrait se le demander

Une jeune et jolie comédienne dont vous n’avez pas fini d’entendre parler (c’est mon petit doigt qui me l’a dit), pleine de vie, ultra cultivée, super nature et bourrée de talent, que j’ai eu l’occasion d’interviewer il y a quelques temps.

Oui parce que maintenant je déniche des jeunes comédiens aussi.

L’interview qui te met une claque, une vraie.
Parce que tu réalises que la nana a un an de moins que toi, et qu’elle est plus cultivée que toi, plus jolie que toi, plus intéressante que toi, plus tout finalement.
Le pire ? Elle est tellement sympa, spontanée et humble et sympathique que tu n’arrives même pas à la détester.
Pfff.

Debrief de cette jolie rencontre lors de laquelle on a parlé théâtre, ciné, restos, projets et j’en passe.

Comment et pourquoi es-tu devenue comédienne ? Rêve de gamine ? Hasard ? Famille de comédiens ?
Mes parents sont hôteliers donc rien à avoir.
Ils m’ont poussé au théâtre en 6ème parce qu’ils me trouvaient trop timide.
J’aimais bien les cours de théâtre mais moi je voulais être pharmacienne.
Et puis un jour, j’ai eu un problème de santé, j’ai dû me faire opérer de la gorge. Et là sur mon lit d’hôpital j’ai compris que c’est ça que je voulais faire. J’ai filé au théâtre en sortant de l’hôpital pour assurer une représentation. C’est à ce moment là que j’ai eu le déclic. J’avais 14 ans.

Pourquoi tu l’aimes ce métier ?
 J’ai envie d’aller jubiler sur un plateau, raconter des histoires, faire rêver les gens.

Quelles sont tes sources d’inspiration ?
Après mon Bac, j’ai intégré l’école à Lyon, j’ai directement appris la pratique sans passer par la théorie.
Donc j’ai du me mettre à lire. A lire beaucoup.
Je n’arrête pas de découvrir des gens brillants et c’est ça que je trouve passionnant dans l’art.
Mais disons que mes influences sont plutôt issues du cinéma américain old school : Hitchcock, Frank Capra, et plein d’autres, bref, les grands classiques.
Même si je déteste la starmania et que je suis incapable de m’identifier à quelqu’un, à un actrice, j’adore Katharine Hepburn dans « The Philadelphia Story » et Gena Rowlands dans « Opening nights » ou « Une femme sous influence » par exemple.
J’aurais adoré jouer une figure de femme comme ça. 
Mais en général, je préfère parler de films que de réalisateurs.

Comment choisis-tu les projets que l’on te propose ?
Ce qui m’importe le plus c’est la pièce (ou le court métrage, ou long métrage), le metteur en scène (ou le réalisateur), et surtout sa manière de voir le truc, d’appréhender l’histoire.
Je préfère tourner un court métrage pas payé avec la patte d’un réal plutôt qu’un long métrage  qui pas le bon scénar et ou tu sens pas le real.

Pourquoi  as-tu choisi de jouer dans la pièce « L’importance d’être sérieux » d’Oscar Wilde (ndld autrement dit « note de la dénicheuse »:  la pièce qu’elle vient de finir de jouer) ?
(petite parenthèse entre parenthèses : c’est une pièce que j’ai eu la chance de voir, que j’ai A.D.O.R.E et qui m’a permis de réaliser à quel point cette Marilyn était talentueuse)

Crédit photo @lexpress.fr

Crédit photo @lefigaro.fr

C’est tout d’abord la traduction exceptionnelle de Jean-Marie Besset et l’équipe choisie par Gilbert Désveaux.
C’est une jubilation tous les soirs sur scène, j’apprends des choses tous les jours.
Il y a une super entente dans l’équipe, ce sont des gens humains et heureusement parce qu’on passe notre vie ensemble !
On est tous différents, on a tous des techniques de travail différentes, certains sont des « acteurs studio » dans l’âme, moi je suis au mot près, bref, chacun a sa cuisine d’acteur mais on va tous dans le même sens. 

Et c’est pas dur de répéter la même chose tous les jours ?
C’est vrai que c’est dur de garder sa fraîcheur, sa naïveté, son innocence comme à la première représentation. 
Mais le public est différent tous les soirs, la salle n’a pas la même écoute, ils ne rient pas au même moment, au même endroit et ça, on le sent.
Ce que je trouve génial c’est d’avoir le présent entre ses mains !
Ce qui est sur c’est qu’il y a des soirs plus durs que d’autres mais t y vas parce que c ‘est ton métier.
Si t as la colique t’y vas quand même (rires)
Et quand y’en a un qui a un gastro et qu’il faut l’embrasser après c’est pas facile (rires encore)

Est-ce que tu as des technique particulières pour apprendre tes textes ?
J’apprends partout, tout le temps.
Je ne choisis pas quand j’apprends (j’ai un cerveau étrangement fait). J’ai toujours mes textes sur moi et je les lis dès que j’ai du temps, sur une moto, dans le métro, en marchant, bref, en mouvement !
Disons que je les lis une dizaine de fois dans la journée et surtout avant de me coucher et au réveil.
J’apprends par coeur pour oublier.
Je lis plusieurs fois et après j’apprends mot par mot (chaque mot est choisi, c’est important de respecter ça)
Je visualise le papier, je vois les lignes.
Il y en a plein qui détestent ça mais moi j’adore apprendre les textes.
La seule difficulté est de retrouver de la vie dedans.
Je n’ai jamais eu de trou de mémoire, je touche du bois et en même temps j’espère aussi que ça m’arrivera puisque j’aime l’imprévu. C’est bon d’être déstabilisé.

On peut savoir ce que tu fais avant de monter sur scène ?
Je fais des échauffements vocaux genre dugadeubifauxdugadeubifauxdugadeubifauxdugadeubifaux (ndld : onomatopée à l’orthographe plus que douteux inventé par mes soins après que Marilyn m’ait fait une démo)
Chacun sa recette.
Sinon je me concentre, j’écris des principes de base : plaisir, innocence, candeur, et sincérité, à l’écoute, penser juste, vivre.
Ca me rappelle ce que je dois aller faire,  vivre en fait.
Et puis il faut aller faire pipi parce que le corset serre tout de même !
C’est un soulagement de l’enlever à la fin pour être honnête.
Je peux vous dire que quand j’ai mangé mon plat de pâtes juste avant de m’habiller, je le sens après.
Oui, je suis une grosse morfale, j’adore la bonne bouffe. (ndld : Marilyn est tout fine, pas de ma faute si ça rime)

A ce propos, tu nous donnerais tes restos préférés à Paris ?
Dans mon quartier, le 9ème, vous me verrez souvent chez « Autour d’un verre » rue de trévise, une adresse que j’adore parce qu’on y mange bien et qu’on boit un super bon vin bio. 
Et « l’Office », rue richet, un resto délicieux où il faut absolument goûter le risotto de betterave en entrée. Un délice !
Et sinon, chez Thoumieux, j’adore !

Revenons à nos moutons, tu préfères le ciné ou le théâtre ? (la question bateau, ok, j’assume)
Je connais davantage le théâtre, j’ai une formation théâtrale et surtout j’adore le présent.
Le théâtre c’est un risque considérable tous les soirs.
Ce que j’aime c’est l’adrénaline.
Le théâtre c’est vertigineux,  insaisissable.
Devant la caméra on a le droit à l’erreur et puis au cinéma tu peux pas changer ce que tu as fait, c’est un autre rythme de travail, il n’y a pas de continuité dans ton personnage et puis en général l’aventure ne dure qu’un mois.
Alors qu’au théâtre, ça peut être beaucoup plus long, on crée de vraies familles, on vit avec nos partenaires, ils deviennent des amis.

Grâce au cinéma tu as été récompensée du trophée du meilleur espoir de l’année au festival de Rome, ça fait quoi ? Ca change quoi ? (ndld : pour le film « Un enfant de toi » de Jacques Doillon avec Lou Doillon et Samuel Benchetrit)

Crédit photo @zimbio.com

Le problème c’est que maintenant les gens sont curieux de savoir ce que je vaux, ce que j’ai dans le ventre. 
En plus je déteste les casting, j’arrive toujours à la bourre parce que dès que j’ai peur j’arrive à la bourre.
tjs à la bourre. dès que j’ai peur, tjs à la bourre.
Bref.
Pour le trophée, ça reste un morceau de bronze. Je ne crache pas dessus bien sûr mais ce sont des effets de mode tout ça.
Mais c’est vrai que ça fait plaisir d’être reconnue par la profession, et puis ça t’apporte du crédit.
Je le dois à Jacques avant tout. Même si je ne comprends pas pourquoi les gens veulent croire en moi. Tant mieux !
Et puis j’ai eu la chance après que Jean-Christophe Grangé m’appelle (ndld : le réalisateur des Rivières Pourpres) ! C’est pas n’importe qui quand même ! C’est quand même bon…

Quels sont tes futurs projets ?
Cet été, je tourne deux court-métrages (jadore ça !), un avec Renaud Ducoing, « La tête sur les épaules » et un autre avec Edouardo Sosa Soria.
Je suis super contente.
Et je  vais rejouer « Mademoiselle julie »avec une nouvelle date sous le Chapiteau à Pantin
Et je serai au théâtre de la renaissance à la rentrée janvier 2014 pour une nouvelle pièce que j’ai déjà hâte d’apprendre et là encore mon personnage s’appellera Julie.

Mais sinon, tu prends jamais de vacances ?
On me demande de prendre des vacances alors  je vais en prendre.
Je vais partir seule, faire du yoga, lire,et crapahuter.
J’adore partir seule, à l’aventure, même si tout le monde me prend pour une folle.
J’aime bien l’imprévu, les vies sont toujours programmées et ça m »angoisse
Je détesterais me sentir enfermée dans mon métier.
Moi je peins, je lis, je vis. 
Je suis passionnée, j’adore travailler, j’adore apprendre des nouveaux textes alors forcément je ne prends pas souvent le temps de partir en vacances.

Tu as l’air d’adorer la vie, pas vrai ?
« Celui qui a cessé de s’émerveiller ne vit plus » (ndld : citation d’Albert Einstein)
Chaque jour un nouveau pas, une nouvelle fleur, j’aime profiter, la vie c’est tellement court, faut saisir et aimer les choses.

Qu’est-ce que je peux te souhaiter ?
La joie ?
Continuer à faire ce que j’aime avec des gens brillants.
Continuer à m’émerveiller chaque jour et à aimer.

Une belle conclusion pour une belle rencontre et surtout une belle personne.

Comédienne à suivre donc.

S.L.B

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